NOS LIVRES

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QUEL EST CE MYSTÈRE D'ÉCRIRE ?
FUNAMBULER

Shenaz PATEL

« Écrire, en revanche, se joue des saisons de la vie. Parce qu’écrire, c’est rejoindre l’enfance. C’est retrouver la concentration absolue dans l’instant de l’enfant qui joue, quelques capsules, une poignée de cailloux, des bouts de bois sec, un seau rempli de sable qui coule entre les doigts. Le monde entier est là, et seul cela compte. Ces instants minuscules. Ces fragments lumineux qui s’attirent, se désassemblent, se recomposent, pour créer, comme en un kaléidoscope, des paysages sans cesse changeants. »

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LA PEINE DE L'EAU

Monique Séverin

"Aujourd’hui que la madone n’est plus que souvenir de papier glacé, il me faut la regarder comme une femme regarde une autre femme. Il me faut voir la femme au-delà de la mère, cette femme d’un outre-mer à l’histoire glauque et malodorante. L’homme sur la photo, c’est mon père. Un peu plus emprunté, un peu plus mature que sa toute jeune épouse, ce père fantôme revenu d’entre les morts. J’ai deux ans, je le connais depuis à peine six mois et c’est lui qui porte le bébé joufflu que je suis. Avant, c’est elle qui me portait, sur sa hanche gauche. Une sorcière comme les autres…"

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LES JUMELLES DE LA RUE NICOLAS

Evelyne Trouillot

"Je ne trouve pas de rue à la mesure de mes souliers. J’ai humé les relents nauséabonds du Boulevard Jean-Jacques Dessalines. J’ai aussi arpenté les devantures de Flatbush Avenue. Ma folie s’est égarée entre les taxis jaunes, les magasins de pacotille, les McDonalds, les camionnettes tap-tap et les flaques d’eau sale. Ma parole ne sait plus quelle langue parler. Entre créole, anglais et français, je divague sans dictionnaire et sans grammaire."

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LA COUR DES OMBRES

Mia Couto
Maya Mihindou

« Et là, il pleura des tristesses anciennes, des tristesses dont il ne savait pas lui-même qu’elles habitaient en lui. Quelques larmes tombèrent dans le puits et un doux gémissement résonna au fond. »

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PORTIQUES DE L'INSTANT

Hubert Haddad

"on ne revient pas des vastes douleurs jamais entier, jamais vivant la conscience n'est qu'une chambre d'enfant bien rangée prenez garde aux rasoirs des mots dans la clameur des jardins la mort ressemble à ce qui se précise quand se relâche l'attention"

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LA DÉSAPPARITION

Gerry L'Étang

Et vint le Poète avec sa verve d’émerveille. Il avait ausculté dictionnaires d’ici-dans et d’ailleurs, d’actuel et d’antan, connaissait des termes que nos maîtres ignoraient, en inventait même, saphir magnétique par-delà l’Atlantique, brodant un modèle de langage qui ébahissait jusqu’aux gardiens du temple. Il était le Verbe. Jailli d’où ? Nul ne savait, ne saurait jamais. Sinon ceux de jadis : Celui-de-Guinée et l’Hindou-de-Madras, rivés à leurs cannaies, là-haut, tout au Nord.
Aux siens, il proclama :
- N’ayons point peur du bleu ni de l’opaque de la nuit, c’est la vêture de nos dieux d’avant rapt, grand désastre !

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AMÈRE

Nadjim Mchangama

« Souffle coupé. Soirs de pluie où les masques se déposent, les cœurs et plaies s’apaisent. L’odeur de la mère gifle tendrement l’enfant qu’elle allaite. Moment de flottement. Symbiose entre l’esprit et le corps, entre une mère et son enfant. Les premières gorgées sont celles qui assomment l’enfant et scellent le pacte. »

Amère est une traversée de l’enfance brûlée par une lucidité lancinante sur le devenir adulte. Il y a là l’enfant sommé de grandir sans y avoir été préparé et qui se remémore une mère éreintée par le réel.

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JOHANNA POUR TOI POUR MOI

Saindoune Ben Ali

« Johanna Géante en furie

Épargnée de colère

Ruiné est l’esprit

Pour t’écrire

Pour toutes mes caresses

Sur peau d’argile

Sous l’eau de la fertilité

Oui simple l’espace

La rouille vague

Ou éducation du maître

Infectée et admise

Ici commencement

D’où tombent

Les lueurs fertiles »

Johanna pour toi pour moi est un récit de l’intime. C’est surtout l’évocation de la femme aimée, trop tôt partie. Elle est à la fois muse et ombre perdue.

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LORSQUE LES CERFS-VOLANTS SE METTRONT À CRIER

Davina ITTOO

« Lorsque les eaux des rivières abonderont sur les vastes plaines, les cerfs-volants se mettront à crier. Alors mon enfant, la terre de ton pays deviendra un vaste champ de canne à sucre... ». Je cherche le cerf-volant de mes espérances, grand-mère. Dans ce désert où le mariage m’a menée, je compte chaque mirage dans les yeux des enfants. Je parle sans savoir s’il me reste une voix pour parcourir cette terre sans couleurs, sans saveurs, sans senteurs.


Comment desserrer le carcan qu'impose la société quand on est née femme au cœur de l'océan Indien ?

En trois tableaux romanesques, Davina Ittoo nous fait entendre les femmes emmurées victimes ou volontaires.

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QUEL EST CE MYSTÈRE D'ÉCRIRE ?

DEUX MALLES ET UNE MARMITE

Ananda Devi

«Alors, voilà, je vais te parler comme si tu pouvais m’entendre. Te dire ce que j’aurais voulu qu’on me dise à ton âge, et ce que je suis en mesure de comprendre, au mien. Quel étrange aller-retour ! Me répondras-tu. Tu ne peux pas me lire ; moi seule peux à la fois me lire, m’entendre et comprendre ce que j’ai à te dire. Et pourtant, n’es-tu pas en moi encore aujourd’hui, jeune fille de dix-sept ans, qui avait le monde pour avenir ? Tu es l’enfant dont je n’ai jamais accouché. (…) Tant qu’à faire, vivons jusqu’au bout le dédoublement nécessaire des écrivains ! Dédoublons-nous ensemble ! Soyons, pour une fois, joueuses, joyeuses, d’être ! Diablesses ! »

Deux malles et une marmite est un regard tendre et sans concession de la romancière et poétesse Ananda Devi. L'auteure crée un pont, un dialogue entre la jeune femme qu’elle a été et la romancière qu’elle est devenue.

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RÊVE EN CARTON

Dieudonné Niangouna

/DANS/


L'OSMOSE DES MONDES/ Utopie-Corps-Vents-Frontières/ Se croisent des temps-imperceptibles-indéfinis-espèce de toutes sortes – Ressac-Flux-Diversité-Corps-Langues-Reflux/ Nous inventons des chimères pour augmenter la vie/ Utopie-Corps-Vents-Frontières/ Faire jouir la beauté des choses et elle est dure de ce côté-là/ Les suspicions s'enchaînent/ À la régalade/ Enchevêtrement des particularités – interpénétrations et résurgences des identités jusqu'à perte de contrôle/ Utopie-Corps-Vents-Frontières/

Rêve en carton est un essoufflement salutaire, incandescent. Pour sauvegarder l’impossible et la chair partie en fumée. Reste cette partie cramée par les bombes et ébréchée par les lames des pluies diluviennes.